10 choses que j’aurais aimé savoir il y a 10 ans pour construire un matrimoine solide
Il y a au moins 10 choses que j'ai apprises sur l'argent, le capital, le matrimoine et les salaires ces 10 dernières années. Salaire d'un métier passion, PEL, assurance-vie, risque, argent qui pollue, retraite, bitcoin et même amitié : voici le best-of, en espérant qu'il inspire la génération de femmes qui arrive après nous.
1. Accepter un salaire plus bas pour un job de rêve, ça se paye
Moi, j'ai commencé ma carrière en tant que journaliste free-lance, dur au début. Mais au bout de 2 ans, je gagnais bien ma vie, certes en sucrant des week-ends, mais à 2 300 € nets pour Paris à 26 ans, c'était pas mal.
Sauf qu'en 2014, on est venu me proposer un job de journaliste économique à Libération… j'en rêvais depuis ado, c'était fou. Quand j'ai découvert le salaire, j'ai déchanté : 1 790 € nets. Et pour quelqu'un qui n'avait pas le diplôme des meilleures écoles de journalisme, c'était le barème. Non négociable. Je l'ai pris, j'ai appris énormément et c'est devenu une de mes meilleures expériences pro.
Mais cette baisse de salaire, j'ai mis 8 ans à la rattraper, et le niveau de vie avec. Même avec des augmentations à 2 % tous les 2 ou 3 ans. Je ne regrette pas d'avoir exercé un métier de rêve, mais personne ne m'avait dit que le calcul serait aussi long.
2. Le PEL ne garantit plus d'obtenir un prêt immobilier
Il fonctionnait à l'époque de nos parents ou grands-parents. On y met notre pécule, on ajoute les primes ou quelques centaines d'euros de temps en temps. L'argent est bloqué dessus, car on ne peut pas "casser un PEL" sans autre raison qu'un achat immo. Et en bonus, on est sûr que notre banque nous fera un prêt le jour où on veut acheter…
Après 15 ans de bons et loyaux services avec ma banque, j'ai souhaité acheter un petit 2 pièces à Belleville, à Paris. Et là, je me suis pris un mur : malgré mes 50 000 € d'apport, la banquière n'a accepté de me prêter que 90 000 €. Si tu vis dans une petite ville, ça peut te paraître énorme. Mais à Paris, c'est tout juste suffisant pour un garage…
J'ai donc fait appel à un courtier et je suis partie emprunter dans une autre banque. Franchement, une telle somme bloquée pendant une éternité pour 2,5 % de rendement, c'est bien moins rentable que la Bourse.
3. L'assurance-vie, c'est la base, et ce n'est pas une assurance décès
C'est le premier outil d'investissement en Bourse, le préféré des Français·es. Oui, c'est un outil très utile quand on veut transmettre à ses héritiers une somme sans payer trop d'impôts : un abattement fiscal de 152 500 €. C'est même un produit d'investissement où on paye peu d'impôts de notre vivant si on ne retire pas les sommes avant 8 ans.
Mais peu importe nos projets de vie, ou si on en change en plein milieu : contrairement aux idées reçues, on peut en sortir notre argent quand on veut. Il y a tout de même un piège auquel rester vigilante : attention aux frais d'entrée, de sortie ou de gestion, surtout dans les banques traditionnelles, qui en appliquent souvent beaucoup. Ce sont ces frais qui grignotent le rendement des petits épargnants…
4. Le risque n'est pas si grave… tant qu'il reste circonscrit à une partie de ton argent
Quand on vient d'un milieu où l'éducation financière a manqué, d'une famille qui n'avait pas de capital, on a souvent l'impression qu'investir, c'est risquer de tout perdre. J'ai mis des années à comprendre qu'il s'agissait surtout d'une idée reçue.
Si on suit les règles d'investissement de base, le risque reste mesuré. Il faut d'abord penser à construire une "épargne de précaution", soit 3 mois de dépenses de côté sur un livret qu'on peut débloquer facilement en cas de pépin.
Ensuite, il faut mesurer ce qu'on est prête à investir en Bourse ou sur les marchés… sachant qu'on peut perdre, au moins temporairement, une partie de cet argent. Mais si on ne se prend pas pour un trader du dimanche qui achète des actions avec effet de levier, si on investit un peu tous les mois et qu'on diversifie ses placements, le risque ne fait plus peur. Comprendre ça a débloqué mon rapport à l'investissement.
5. Investis le plus tôt possible, sans attendre le Prince charmant (ou la Princesse charmante)
Vers la trentaine, tous mes amis se sont mis à acheter des appartements en couple pour y construire leur cocon familial. Moi, j'ai attendu la bonne rencontre un an, deux ans, trois ans : l'homme idéal n'arrivait pas. Je me suis donc décidée à acheter mon appartement solo, malgré les difficultés à obtenir un prêt immobilier.
C'était galère à gérer seule, surtout avec tous les problèmes de copropriété. Mais ça reste une des meilleures décisions de ma vie financière, j'aurais même aimé la prendre plus tôt… Le Prince charmant, lui, n'est jamais arrivé.
6. Ton argent pollue pendant qu'il dort à la banque
On sait maintenant que l'argent qu'on laisse à la banque, sur notre compte courant et même sur notre livret A, est exploité et investi dans des actions d'entreprises… et parfois même dans les pires ! Cela veut dire que l'argent de la majorité d'entre nous contribue à accentuer les émissions de carbone. Il y a quelques années, l'ONG Oxfam avait révélé que 25 000 € sur un compte BNP Paribas, c'est l'équivalent de 9 allers-retours Paris-New York en avion.
Et ne pense pas que c'est mieux si l'argent est placé sur un livret A, puisqu'il finance le logement social… 60 % de ces dépôts sont gérés par la Caisse des dépôts et consignations, qui a le droit d'en investir une partie où elle veut. En 2025, l'ONG Reclaim Finance a montré que 10 milliards d'euros provenant de ces portefeuilles étaient investis dans les combustibles fossiles, dont des entreprises comme Total et Shell…
Si tu es écolo, ou juste consciente du réchauffement climatique, privilégie un prestataire qui exclut ce type d'entreprises et investit la somme dans des entreprises qui cherchent à réduire leurs émissions.
7. Entoure-toi d'amis de tous les milieux sociaux
Depuis toute jeune, je me suis fait des amis de tous les milieux socio-économiques et je pense que c'est une des richesses humaines les plus importantes. Je fréquente depuis longtemps des personnes issues de la bourgeoisie, avec qui j'aime bien débattre de politique et d'économie, même si on n'est pas souvent d'accord. J'ai rencontré tôt des entrepreneur·es inspirant·es dont le parcours et les conseils me tirent vers le haut.
Mais je pense aussi que se faire des ami·es des catégories sociales plus précaires et les garder en vieillissant, voire en évoluant dans la société, c'est primordial. C'est ce qui nous empêche de perdre de vue ce que vivent la majorité des gens dans leur quotidien, comment ils subissent l'inflation ou la crise du logement.
8. À la trentaine, il est temps de penser à ta retraite
J'avoue, quand on sort d'études, c'est difficile de se projeter dans la retraite, surtout en France, où on sait que le système des retraites par répartition nous assure un minimum de pension quand on sera vieux…
Pourtant, on sait depuis des années que, même si on préserve ce système, les montants seront bien plus faibles que ceux qu'ont connus nos grands-parents. Il faut donc penser assez tôt à investir pour nos vieux jours, pour compléter cette somme ou ne pas se reposer sur nos enfants.
Il n'y a pas un seul moyen d'investir pour la retraite. Le Plan épargne retraite (PER) est un bon outil pour bloquer de l'argent à long terme et défiscaliser dès aujourd'hui… mais ce n'est pas une solution universelle. Certain·es opteront pour une assurance-vie plus classique, d'autres pour le PER collectif (ex-Perco) de leur entreprise. D'autres encore s'assureront de ne plus payer de loyer à la retraite. Il n'y a pas de recette miracle, la trentaine est juste le bon moment pour s'y mettre !
9. Unpopular opinion : si j'avais investi dans le bitcoin en 2014, je serais riche aujourd'hui
J'ai écrit mon premier article sur le bitcoin en 2014. J'avoue, ça a beau ne pas rejoindre mes convictions écolos, j'ai tout de même investi dedans bien plus tard, en 2021. Et quand j'ai dû revendre pour faire face aux difficultés, mon investissement avait été multiplié par 2. Sept ans plus tôt, mes deniers auraient été multipliés par des dizaines ! Malgré tout, je reste toujours tiraillée face à cet investissement.
On nous a promis pendant 10 ans que la technologie blockchain sous-jacente révolutionnerait le monde de l'informatique, l'open source, la décentralisation. L'influence est réelle, mais le bouleversement tant attendu n'est toujours pas là, selon moi.
Le bitcoin est devenu un outil de spéculation financière pour beaucoup. Il est resté majoritairement dans les mains d'hommes et reste une référence de la "culture bro". Et les études sont encore divisées sur son impact sur l'environnement, en fonction des pays dans lesquels il est miné : pays avec énergie nucléaire et moins d'émissions carbone, ou consommation forte quoi qu'il arrive… Les études sérieuses divergent.
10. Regarde du côté des nouveaux acteurs de la finance en ligne pour tes investissements
Ceux qui acceptent tous les investisseurs, même avec des petits montants, ceux qui ne prennent pas trop de frais de gestion et qui font évidemment attention à l'impact environnemental de tes finances.
Pour construire ton matrimoine, commence ici
Formation en replay · 1 h 30 · 24,90 €
Guide de l’investissement pour débutantes
Tu sais que tu devrais investir, tu ne sais pas par quel bout le prendre. La formation part de là : ton budget, tes revenus, ta situation réelle. Puis le tour d’horizon des produits — assurance-vie, ETF, PEA, locatif, SCPI, crypto — ce que chacun rapporte, ce qu’il coûte, ce qu’il risque.
Formation en replay · 1 h 30 · 24,90 €
Faire ses premiers pas dans l’investissement immobilier
Acheter seule, sans attendre personne ? Avant de signer, il y a les fondations : ce qu’est vraiment un achat immobilier, ce qu’il coûte au-delà du prix affiché, comment on repère un prix juste et quels financements existent.
Outil Excel · 5 €
Négociation salariale : calcul de tes 3 chiffres
Pour ne pas mettre 8 ans à rattraper un salaire : ton salaire de marché, ton plancher et ton objectif, calculés à partir de ta situation réelle avant d’entrer dans le bureau.